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Bijoux fantaisie et fait main : ce qu’imposent REACH et le GPSR

Mis à jour le · Jalonel (READ FRANCE SAS)

Un bijou fantaisie vendu en France respecte trois limites chimiques de l’annexe XVII de REACH : la libération de nickel (0,5 µg/cm² par semaine pour un bijou porté contre la peau, moins de 0,2 µg pour une tige de piercing), le cadmium (moins de 0,01 % du métal) et le plomb (moins de 0,05 % dans chaque partie). Le GPSR ne fixe aucun seuil. Il vous demande d’évaluer les risques et de garder la preuve de vos choix (art. 9 §2), d’indiquer vos coordonnées et une référence sur le bijou ou, s’il est trop petit, sur sa carte ou son emballage, puis de reprendre quatre informations dans l’annonce (art. 19). Aucun texte n’impose de marquage CE à un bijou pour adulte.

Les trois limites REACH, et ce qu’elles visent

Ces limites figurent dans l’annexe XVII du règlement REACH, que nous avons relue dans sa version consolidée du 22 juin 2026. Elles s’appliquent à tout bijou mis sur le marché, fait main ou non.

SubstanceLimiteCe qui est viséTexte
NickelLibération inférieure à 0,2 µg/cm²/semaineTiges introduites dans les oreilles percées et les autres parties percées du corpsEntrée 27, §1 a
NickelLibération au plus de 0,5 µg/cm²/semaineArticles en contact direct et prolongé avec la peau : boucles d’oreilles, colliers, bracelets, chaînes, bagues, bracelets de cheville, bracelets et fermoirs de montreEntrée 27, §1 b
Nickel0,5 µg/cm²/semaine pendant au moins deux ans d’usage normalLes mêmes articles quand ils sont recouverts (plaqué, doré, vernis)Entrée 27, §1 c
CadmiumMoins de 0,01 % en poids de métalPerles et éléments en métal pour fabriquer des bijoux ; parties en métal des bijoux, de la bijouterie fantaisie et des accessoires pour cheveuxEntrée 23, §10
PlombMoins de 0,05 % en poidsChaque partie d’un bijou, y compris les composants vendus pour en fabriquerEntrée 63, §1 à §3

Le plomb a des exceptions précises : le cristal au sens de la directive 69/493/CEE, les pierres précieuses et semi-précieuses naturelles non traitées au plomb, et les émaux cuits à 500 °C au moins (entrée 63, §4). Le texte prévoit aussi des dérogations pour les bijoux anciens : ceux fabriqués avant le 10 décembre 1961 pour le plomb, ceux de plus de 50 ans au 10 décembre 2011 pour le cadmium. Elles concernent surtout la revente de bijoux vintage.

Un point qui revient souvent dans les questions : « sans nickel » n’est pas une notion définie par REACH. La règle porte sur la quantité de nickel libérée au contact de la peau, mesurée selon les normes du CEN (entrée 27, §3). Un acier inoxydable contient du nickel et peut pourtant respecter la limite. Demandez donc à votre fournisseur ce que son mot « nickel free » veut dire, et sur quel essai il s’appuie.

Ce que vous demandez à vos fournisseurs

Vous ne fondez pas vos alliages : la preuve vient de vos apprêts, chaînes, crochets et perles. Avant d’acheter, demandez par écrit une déclaration de conformité aux entrées 23, 27 et 63 de l’annexe XVII, avec le rapport d’essai de libération de nickel pour les pièces qui touchent la peau. Classez ces documents par référence de composant dans votre documentation technique : le fabricant la constitue avant la vente et la garde 10 ans (art. 9 §2 et §3).

Si un fournisseur ne peut rien fournir, vous avez deux options : changer de composant, ou faire tester vous-même la pièce par un laboratoire. Le GPSR ne prescrit pas d’essai en laboratoire, mais il vous revient de montrer que le bijou respecte REACH.

Les risques à analyser pour un bijou

L’analyse de risques reste courte pour un bijou simple. Voici les dangers que le générateur propose pour cette catégorie, avec le texte qu’il reprend dans votre modèle :

DangerScénario à analyserMesures courantes
Contact prolongé avec la peau (bijou, vêtement)Réaction cutanée (allergie au nickel, teinture) lors d’un contact prolongé.Composants certifiés conformes par le fournisseur (nickel, plomb, cadmium), lavage des textiles avant vente si nécessaire.
Petites pièces détachables (perles, boutons, breloques)Une petite pièce se détache et est avalée ou inhalée par un jeune enfant.Fixation solide (couture, sertissage, colle adaptée), test de traction maison documenté, pas de petites pièces pour un public de moins de 3 ans, avertissement.
Cordons, liens, rubans, chaînes (risque d’étranglement)Un cordon, un lien ou une chaîne s’enroule autour du cou d’un enfant ou se coince.Longueur limitée, fermoir de sécurité qui cède sous traction, pas de cordon pour les jeunes enfants, vérifier la norme applicable.
Pointes, bords coupants, aiguilles, éclatsCoupure ou piqûre lors de la manipulation ou après une casse.Ébavurage, ponçage, embouts de protection, contrôle visuel de chaque pièce avant expédition.

Un collier long porté par un enfant, des perles qui se détachent d’un bracelet élastique ou une boucle d’oreille avalée sont des mauvais usages prévisibles. Le règlement demande de les prendre en compte, avec une attention particulière pour les enfants (art. 6 §1, e).

Où mettre vos coordonnées sur un bijou

Le fabricant indique sur le produit une référence (type, lot ou série) et ses nom, marque, adresses postale et électronique (art. 9 §5 et §6). Quand la taille du produit ne le permet pas, ces mentions passent sur l’emballage ou un document joint. Pour une bague ou une paire de puces, c’est en pratique la carte bijou, le sachet ou une étiquette volante.

« En principe, seule la taille du produit (et donc pas, par exemple, des raisons esthétiques ou similaires) pourrait justifier de transférer certaines informations requises du produit vers son emballage ou d’autres documents d’accompagnement. »

Lignes directrices de la Commission C/2025/6233, point 3.1.1

Un grand pendentif ou un bracelet manchette peut porter une gravure ou une plaque. Une boucle d’oreille, non : la carte suffit, à condition qu’elle accompagne le bijou jusqu’au client.

L’annonce en ligne, avec un exemple rempli

Sur Etsy, Vinted Pro, Amazon ou votre site, l’annonce indique le fabricant et ses adresses, une personne responsable seulement si le fabricant est hors UE, une photo avec la référence, et les avertissements (art. 19). Voici ce que le générateur gratuit produit pour une paire de boucles d’oreilles, avec des données fictives :

Exemple fictif généré par le générateur gratuit le 17 octobre 2026 (document « Étiquette, emballage et annonce »).

1. Texte d’étiquette ou d’emballage

Boucles d’oreilles « Feuille » laiton doré
Réf. BO-FEUILLE-01 — LOT 2026-10
Fabricant : Atelier Exemple (EI) — 1 rue de l’Exemple, 75000 Paris, France — contact@atelier-exemple.example
⚠ Contient de petites pièces : tenir hors de portée des jeunes enfants (risque d’étouffement).
Lire les instructions avant utilisation. Conserver ces informations.

2. Informations obligatoires dans l’annonce en ligne

a) Fabricant : nom, raison sociale ou marque, adresse postale et électroniqueAtelier Exemple (EI)
1 rue de l’Exemple, 75000 Paris, France
contact@atelier-exemple.example
b) Personne responsable dans l’UE (si fabricant hors UE)Sans objet (fabricant établi dans l’UE)
c) Identification : photo, type, autre identifiantBoucles d’oreilles « Feuille » laiton doré
BO-FEUILLE-01
photo de l’annonce
d) Avertissements et informations de sécuritéContient de petites pièces : tenir hors de portée des jeunes enfants (risque d’étouffement).

Ce que le GPSR n’exige pas pour un bijou

  • Pas de marquage CE : le marquage CE vient des textes d’harmonisation (jouets, appareils électriques…), et aucun ne vise le bijou pour adulte.
  • Pas de certificat à afficher dans l’annonce : les déclarations des fournisseurs restent dans votre dossier, et vous les montrez aux autorités si elles les demandent.
  • Pas de règle sur les métaux précieux : le titre et le poinçon des bijoux en or, argent ou platine relèvent de la garantie gérée par la douane (par exemple 800 millièmes au moins pour appeler un bijou « argent »). Voir la fiche de la douane sur les règles de marque.

Bijou pour enfant, jouet ou accessoire ?

Un bijou fantaisie conçu pour que des enfants jouent avec (panoplie de princesse, kit de perles) est un jouet au sens de la directive 2009/48/CE : marquage CE, essais et avertissements propres aux jouets, que ce kit ne couvre pas. Un accessoire de mode pour enfant qui n’est pas destiné au jeu reste un produit GPSR, avec une analyse de risques plus exigeante (cordons, petites pièces). Notre page jouet ou pas jouet détaille la frontière.

Questions fréquentes

Un bijou « sans nickel » doit-il contenir 0 % de nickel ?

Non. REACH limite la quantité de nickel libérée au contact de la peau (0,5 µg/cm² par semaine, 0,2 µg pour une tige de piercing), pas la teneur. Un acier inoxydable contient du nickel et peut respecter la limite.

Dois-je faire tester mes bijoux en laboratoire ?

Le GPSR n’impose pas d’essai. Vous devez pouvoir montrer que chaque pièce respecte REACH : la déclaration et le rapport d’essai de vos fournisseurs suffisent souvent. Pour un placage ou un alliage que vous faites vous-même, un essai en laboratoire est le moyen le plus simple de le prouver.

Puis-je mettre mes coordonnées seulement sur la carte du bijou ?

Oui quand la taille du bijou empêche de les y mettre. Les lignes directrices de la Commission précisent que seule la taille, et non l’esthétique, justifie ce report. La carte doit être remise avec le bijou.

Les bijoux vintage que je revends sont-ils concernés ?

Oui si vous les vendez comme professionnel : le GPSR couvre les produits d’occasion (art. 2 §3). REACH prévoit des dérogations pour les bijoux anciens : fabriqués avant le 10 décembre 1961 pour le plomb, de plus de 50 ans au 10 décembre 2011 pour le cadmium.

Mon bijou doit-il porter le marquage CE ?

Non, sauf s’il s’agit d’un jouet (bijou de jeu pour enfant), qui relève alors de la directive 2009/48/CE.

Sources

  1. Règlement (CE) n° 1907/2006 (REACH), annexe XVII, version consolidée du 22 juin 2026
  2. Règlement (UE) 2023/988 (GPSR)
  3. Lignes directrices de la Commission C/2025/6233
  4. Directive 2009/48/CE (sécurité des jouets)
  5. Douane : règles de marque pour la garantie des métaux précieux (mise à jour le 19/11/2024)

Textes et pages consultés le 17 octobre 2026.

Page rédigée par Jalonel (READ FRANCE SAS) avec l’aide d’Octave, notre assistant IA, à partir des textes cités, relus le 17 octobre 2026. Information générale, pas un conseil juridique : en cas de doute, le texte publié au Journal officiel fait foi. READ FRANCE SAS n’agit jamais comme personne responsable, mandataire ou importateur. Directeur de la publication : Tanguy Warsmann. Une erreur, un texte paru depuis ? Écrivez à octave@vread.fr.